16.08.2008

Annie joue à être bob

Sur une idée et une note originale d'Abcisse, une coproduction à quatre mains et à deux coeurs souffrants mais néanmoins moqueurs, parce qu'il le faut...


Parce qu'Annie est poreuse, labile, toujours là où on ne l'attend pas, et qu'elle a lu Lacan, Abs, Alm et Quenelle, elle a imaginé qu'elle réussirait là où toutes les Anna, les Dora, bref toutes les hystéros célèbres qui finissent en A - mais malheureusement pas en objet a - ont échoué.
Pour que son Bob lui dise ce qu'elle attend (Quoi ? ha ben elle sait pas), lui fasse ce qu'elle n'attend pas (Quoi, attends elle réfléchit, là), elle va se bobiser. Elle parlera en énigmes rubiks cub, elle ruminera elle aussi, ho ya pas que toi, et elle en jouira, elle offrira la vérité tout en la niant bien fort, elle se regardera penser et elle se trouvera belle comme ça.
Et ils s'aimeront encore lorsque l'amour sera mort.
Le soir venu, quand Bob arrive tout frétillant de désir contenu (c'est à dire en faisant la gueule poliment) il s'assied sur la chaise perpendiculaire à la table de chevet en fumant sa cinquième et dernière cigarette de la journée)
En temps normal, Annie frétille, tourne autour de lui, lui demande si ça va (et si il dit non, c'est sûr c'est qu'il la hait, et s'il dit oui alors pourquoi hein pourquoi il a l'air d'avoir enterré son chat ?), ou alors elle est dans sa chambre et elle lit un truc dément et il a pas intérêt à lui demander quoique ce soit, parce que merde. Mais là, non, Annie, toute pleine de sa nouvelle structure, trie des papiers, toutes ses factures EDf entre le 11 septembre 2OO1 et le 8 /O5/2OO8, car toute parée de ses atours neufs , elle veut des repères bien catastrophiques, bien glauques, bien noirs.
D’abord bêtement soulagé que sa Annie se comporte de façon aussi agréablement morte que possible, et donc par voie de conséquence ne le menace en rien, Bob se sent nonobstant très vite frustré d’une occasion d’être gentiment agressif et surtout de la mortifier lui-même – car c’est pas du jeu quoi, s’il n’y plus rien d’autre à tuer que le temps - mais il ne dit rien et attend, car il sait différer. Et puis il connaît sa Annie : un reproche, une plainte, un cri ne sauraient tarder.
Mais contre toute attente, Annie se lève et grimpe les escaliers à petit pas précis d'intervalles réguliers, et prie pour l'Humanité, pas pour les petits autres qui ne sont que des humains très banals avec des corps et des os, c'est trop immonde.
Bob, inquiet (il lève un sourcil) : " J'aimerais pouvoir être l'agent adjuvant dans ce que mes yeux voient, même si je sais l'illusion du sens, et proposer une présence de parole."
( Annie, qui comprend le Bob dans le texte traduit "Mais qu'est ce que tu fous , Annie ?")

- Je suis une différence étrangère autre parmi le Monde qui n'est que chaos. J'ai besoin d'un retrait, car tout me semble vanité, et ton corps fait barrage, ou peut être écran, à la pensée, il me faut un recul pour mieux percevoir l'altérité, l'englober , même si je ne suis pas sans ignorer que l'envers m'échappera toujours, je veux me frotter aux aspérités: pour être plus claire, j'ai besoin d'une réflexion, qui évitera cependant l'écueil d'un simple réfléchissement, d'une position qui synthétisera les miroirs inhérents aux différents aspects d'une terminologie dont je ne peux faire l'économie à ce stade de mon avancée. Vous pouvez difficilement comprendre, vous autres, parce que je me sens juste, sinon plus loin, en tous cas davantage moins près du spectacle qu'offre la Réalité.

Bob, qui a tout compris, (moi non) hoche la tête gravement. "Tu es dans le Juste, si ce n'est dans le vrai. Il faut parfois, enfin je veux dire, quelquefois sans doute, isoler le cheminement pour déblayer le champ. Sache que je comprends parfaitement et que je te souhaite de trouver la Voie , ou du moins, celle qui te conviendra. Adieu. Je ne t'en veux pas. Moi aussi, la colère parfois me prend aux tripes, tu sais, et dans ces moments-là, la violence, je la repousse car ma volonté s'amarre à mon intentionnalité d'être sans me fourvoyer, et je ne suis pas comme vous qui jouez à vous déchirer avec entrain sinon gaieté, quand la violence convoque chez moi le reflexe de destruction total qui sied à l’Ennemi Mortel qui me fait face. Car parfois, cela est plus fort. Tu l'as bien vu, le jour où j'ai déchiré le journal qui annonçait la guerre en Groenlandchénie - Je suis un monstre de complexité aussi Alors sache que je suis à même de comprendre. Adieu, enfin peut être un jour nous reverrons-nous, qui sait ?"

(traduc: Bob croit que Annie casse, il va se suicider.)

Annie se débobise à la seconde et se rue sur Bob, l'entoure de ses jambes nues et lui dit qu'elle l'aime à s'en crever la peau, au fond d'un train ou sur un oreiller. (Elle a lu Montagné aussi) Bob sourit. Bien sûr, demain, il trouvera que dans tout ça, il y a bien trop de chair pour que ce soit vrai, et juste et bon. Mais pour l'heure, il a retrouvé sa Folie, Son Annie, Son morceau de Désir Vrai et il se laisse couler.

Mais voilà que soudain Annie, facétieuse, annule son entrain d’un repli aussi peu lisible que soudain, et même presque autant injuste qu’innocemment cruel, dans un élan d’avarice affective prodigue, car en toute occasion il est bon d’ambivalence garder. Sombre, rebobisée, une expression de bonté sadique au coin des lèvres, elle se dégage poliment et, sur le chemin des toilettes de sainte cage de compost-selle, demande avec une ferveur froide mais négativement redoublée :

- Oui mais ne penses-tu pas que tu ne saurais, que tu ne saurais toi quand viendra l’heure, toi homme de plaisir trivial aux vaines poursuites conjugales , pousser la mienne chaise roulante qui se profile sous mes jambes éreintées, la pousser vers le rocher millénaire de la jetée de mon enfance où, déjà bien vieille un soir prochain à la chandelle, je pêcherai ou jouerai d’une antique cythare (j’aime le son de ce mot… cythare) et verserai des larmes sanglantes pour le Monde et la Bouillie des corps frappés par la balle et la lame ? Ne penses-tu pas que tu ne saurais être ce compagnon de noble infortune ? Car vois-tu, en vérité je te le confies, ne compte pas sur moi pour me prêter à de vulgaires scènes de ménage - je ne suis pas une femme qui a un problème familial à régler - encore moins pour me lancer dans les projets qui sont votre lot, à Vous les amoureux banaux qui égoïstement rêvez enfant, vie commune, amour, et mariage, ce qui ne signifie pas non plus que je ne semble pas vouloir ce que je n’ai que l’air de repousser là alors que pas du tout, même si je le pense, ni que ma parole n’ait pas le droit de vouloir en exprimer le vœu, voeu aussi pieux qu’embryonnaire qu’entier, car vois-tu j’aime à dire ce que je voudrais faire quand bien même faire m’est inaccessible pour l’heure, ce qui ne veut pas dire jamais, mais pas pour autant un beau jour. Car tu dois savoir, homme pressé, homme du présent impérieux, que j’ai besoin de dire peu à peu pour me donner le temps et l'illusion de vouloir faire beaucoup plus, et que chaque recul est de fait un élan pris en arrière pour aller de l’avant dans un temps second, ou quatrième, ou énième c’est selon… c’est pourtant clair non ? Mon désir est grand, mes moyens limités, mon temps infini. Crois bien que je serai déjà heureuse d’avoir des principes, mais je n’ai que des contraintes, c’est ainsi.
(et en dedans d’elle-même Annie rit comme une folle et s’applaudit hi hi hi hi hi, c’est trop rigolo de jouer à la bob, comment n’y a-t-elle pas pensé plus tôt ? ha oui elle avait la flemme c’est vrai, ou alors il fallait qu’elle s’épile ?…)

Bob est impressionné : jamais Annie n’avait tant épousé la face cachée de ses idéaux. Faire l’amour n’est certes pas toujours si désagréable - sauf bien sûr quand les dossiers ne sont pas finis et les draps mal repassés - mais la tirade d’Annie fait, de fait et de très loin, du plus loin possible de sa peau, bien plus d’effet à son cerveau . Et soudain c’est comme une révélation : elle est l’Elue. Celle-Qui-Le-Sait-Le-Comprend sans qu’il ait besoin de dire un mot, sans qu’il ait besoin de maudire. L’émotion est si grande que si ça continue il pense qu’il ne va plus pouvoir se contenir et peut-être même soupirer gravement, ou regarder sa montre pour graver ce moment. S’il s’écoutait il l’embrasserait sur le front ou même dans le creux du poignet droit , là, sur la veine azur, au milieu des factures, mais heureusement il se retient et dit tout simplement :

- J'ai énormément de travail ces derniers temps. C'est un peu trivial, mais c'est vrai.

07.08.2008

Mister Mind 2 : La Réponse d'Abs et Augenblick !

Rappel : Avant de partir en vacances, j'ai enchaîné les miss sur cette mission : trouver les pensées - bobiques ou non - correspondant aux 9 numéros de la partie droite de cette image.

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Et voilà la réponse que j'ai reçue par mail ! J'en ai ri pendant 2 jours...


" Abs : As-tu vu la chaîne de Quenelle ??
Je ne comprends même pas la question ???!!!


Augen : Oui, à l’instant ! On ça seau scie ?
Je viens de trouver le numéro 1, très bobique : impôt/un pot (...)
On peut faire une petite mise en scène (mais alors en combien de temps, c'est infini pour moi cette question :) !!
Ah deux, il y a deux voir (le sens du devoir et son rapport au désir).
Merde, je les fais dans l'ordre, grmbl :)

Il faut que j'aille arroser le chat de mon coach, je reviens dans quelque temps.


Abs :
MAIS BIEN SUR Qu'on Lasso scie ho !
Je t'en supplie, explique moi tout comme si j'avais quatre ans !
c'est un cerveau ? c'est ça ? Un ovule ?
C'est quoi ? pourquoi cette femme en rouge a de plus belles jambes que moi ???

Neuf ? comme un sou neuf ? C'est nul !
Les habits 9 de l'empereur, (j'adorais ce conte, il était tout nu, ça me faisait rire, bien fait pour ce dictateur !)

tu arroses un chat ? mais pourquoi ? Il ne sait pas s'arroser tout seul ?


Augen : Je n'ai pas bien compris les images, mais je sais que je réfléchis mieux sans les bottes :)))
Ha mais je n'en sais pas plus que toi, moi aussi je suis à un stade archaïque hein !
Je ne connais pas le conte, tu me racontes ? on pourrait commencer par lui, et si ça marche bien avec les impôts, le deux voir, et ce qu'on pourra trouver d'autre, lampe reur nu comme un beau vers pourra être le fil (à soie) directeur. Tu les connais toi les zones du cerveau ? Il faudrait trouver quelque chose avec les bottes non ? Bon il y a les bottes de 7 lieues mais c'est un peu facile. Les nains dans les bottes de 7 lieues ? Ah six napses ! Oui oui, n'importe quoi... Mais mardi, c'est psy !!

Je vais voir le chat (qui s'appelle Pastis alors tu penses bien qu'il s'arrose tout seul !)

Je t'embrasse, ça me fait rire cette histoire !


Abs : Les zones du cerveau ça doit se trouver sur Gougougueule non?

hop -->http://www.linternaute.com/science/biologie/dossiers/06/0...

En fait le bob voit un objet de désir et au lieu de désirer, il pense, ce fou :)

C'est ça ? c'est ça ?


Augen : Bah oui, parce que penser = plaisir, c'est le chemin le plus direct pour lui... oui oui oui :)

Pour moi c'est archicompliqué d'écrire une histoire ! alors j'ai relu le sujet (et reluqué en coin les bottes et le cerveau aussi au passage...) et je l'interprète un peu comme les caractères de La Bruyère pour les chiffres. Plus facile pour moi (et je m'étouffe de donner mon avis hein !!). Ou alors si tu penses à une histoire, je pourrais intégrer des maximes.

Dis-donc, c'est quand même machiavélique comme chaîne ça hein ;) Et tu sais, je crois que j'ai fait un rêve prémonitoire sur cette chaîne : je venais te rejoindre à la plage, ce n'était pas pour longtemps, je devais reprendre le train.


Abs : Hello Aude...que tu puisses penser aux caractères de la Bruyère en regardant ces photos, j'avoue que ça m'assoit.
Moi je regarde je regarde et je me dis "Je me vengerai, je filerai à la miss une chaîne sur la musique crunk alternative de 1999 à 2003".

Même dans tes rêves, le temps est compté ?
Cette nuit, j'ai mis un temps fou à m'endormir, j'ai regardé le docu de Scorsese sur Bob Dylan, et j'ai adoré les images de la vieille Amérique rurale, et les influences (que j'ignorais) de ce mr Zimmerman.

Je vais réfléchir , enfin je veux dire, "ça va venir l'idée", car réfléchir je sais même pas ce que ça veut dire :)


Augen : Je suis super impressionnée de faire quelque chose avec toi ! et comme je n'en ai décidément pas fini avec mon complexe (Œdipe et infériorité :), je ne me permets pas de commencer quelque chose et je reste bloquée sur le rien... Mais j'ai un peu de temps dimanche, et je vais donc oser. Et si tu as trouvé, je verrai comment m'accorder à ce qui te sera venu :)

Je t'embrasse.
(Oui oui le temps est compté on dirait, je crois que c'est un progrès pour moi :) j'ai aussi rêvé que ma psy était en arrêt maladie et que c'était une femme de ménage qui me l'annonçait...)


Abs : On est mal, augen, on est mal
Moi je suis SUPER impressionnée de faire qq chose avec toi, je me sens inculte, débile, qui comprend rien,

a part ça, ça va :)

Moi mon psy m'a invitée a un séminaire (et je flippe. Vraiment.
du coup je vais poster une note pour me foutre de lui (je tue le père je tue le père…ha ben non- il est déjà mort.)


Augen : On s'est croisées chez Quenelle, tu disais oui, et je disais non :)
Oui j'ai vu, il paraît super intéressant ce séminaire, mais c'est une autre affaire que de s'y rendre, et sur invitation de son psy !
Bon je file dans mon repli bobique, j'ai un peu de retard ! Demain, je vois un très Bob fétichiste, je vais lui demander de m'aider sur les chiffres et les bottes. A dimanche !

J'ai cherché être cultivé dans le dico, et je trouve le premier sens magnifique : être travaillé par la culture. Il s'agit du sens agricole, mais je l'adore !
Pour le second sens, le Robert dit qu'une personne est cultivée quand elle a une instruction bien assimilée. Et là, je ne me reconnais pas, et toi non plus. Nous sommes cultivées je crois bien au sens agricole ;)


Abs : Oui mais on est pas bios, hein, rassure-moi ?


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Sur une échelle de 40 mails :


Fuck Lacan !!

– Dis-moi, que je compte.

Je t'haime, impôt, beaucoup...

– Impôt, c'est pas ascèse ?

par deux voir, et pour t'ivoire

– Ça fait trois , y en a un de trop

dans mon trou à rat, plutôt qu'à

– Ernst, personne ne mourra si tu m'aimes.

trépider comme un saint quenelle !

– Tu trépides, je trépigne ? nous trépasserons.

Si mens, je te tue.

– C'est moi que tu traites de menteuse ? Moi ? MOI ?

Cette fois-ci et hors huis clos.

– C'est toi le forclos !

Ne faut-il pas l'avoir dix ! hein ? hein ?

– Mais tais-toi, tais –toi, et viens, là.


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18.07.2008

Annie découvre avec horreur que Bob ne l’aime pas

Annie : tu m’aimes combien de 0 à 10 ?

Bob (sentant le piège, réfléchissant à pas dire une connerie, et tout content de lui) : … 12 !

Annie : 12 ? Comme c’est petit, mesquin… Moi j’aurais dit 1000 tu vois. Tu vois la différence ? Je le savais que tu m’aimais pas.

Cette scène est véridique. Elle a eu lieu hier soir à 18h45.
Et Bob a éclaté de rire, ce qui constitue un réel progrès.


Prochainement : "Bob veut accéder à la propriété".